• F comme Fernando Pessoa

     

    F comme Fernando Pessoa

     

    XVII

    Dans mon assiette quel mélange de Nature !
    Mes sœurs les plantes,
    les compagnes des sources, les saintes
    que nul ne prie...
    On les coupe et les voici sur notre table
    et dans les hôtels les clients au verbe haut
    qui arrivent avec des courroies et des plaids
    demandent « de la salade » négligemment...
    sans penser qu’ils exigent de la Terre-Mère
    sa fraîcheur et ses prémices,
    les premières paroles vertes qu’elle profère,
    les premières choses vives et frisées
    que vit Noé
    lorsque les eaux baissèrent et que la cime des monts
    surgit verte et détrempée
    et que dans l’air où apparut la colombe
    s’inscrivit l’arc-en-ciel en dégradé...

    Le Gardeur de Troupeaux ( fragment )

     

     

    F comme Fernando Pessoa

     

             Alberto Caeiro, Álvaro de Campos, Ricardo Reis.
            Hétéronymes de Fernando Pessoa
              par Almada Negreiros, 1958.

     
     
    « E comme Edgar Allan PoeCa sent Noël ! »

  • Commentaires

    1
    Mardi 1er Décembre 2020 à 17:40

    Magnifique poème comme tous ceux de cet immense artiste !

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    2
    Mercredi 2 Décembre 2020 à 14:34

    Bonjour Elfine

    On ne respecte plus la nature, on la dévore...!

    Pessoa, voyageur immobile.

    Amicalement

    Pierre

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