• Insomnie

     

    Insomnie

    John Atkinson Grimshaw

     

    La lune dans la glace de la commode
    regarde à un million de milles
    (et peut-être avec orgueil, se regarde
    mais sans jamais, jamais sourire)
    très loin au-delà du sommeil, ou
    peut-être est-ce le jour qu'elle dort.

    Par l'Univers désertée,
    elle lui dirait d'aller au diable,
    et trouverait une étendue d'eau
    ou un miroir, où se tenir.
    Alors, plie le souci dans une toile d'araignée
    et lâche-le au fond du puits

    dans ce monde inversé
    où la gauche est toujours la droite,
    où les ombres en réalité sont le corps,
    où nous restons éveillés toute la nuit,
    où les cieux sont aussi minces que la mer
    à présent est profonde, et où tu m'aimes.

     

    ELIZABETH BISHOP

     

    Dans Un printemps froid, traduit de l’américain par Claire Malroux. Éd. Circé.

     

    « Summer breezePoème du dimanche »

  • Commentaires

    1
    Vendredi 24 Juillet à 14:26

    Bonjour

    partir de "l'infini lointain"... pour terminer sur ce mot " ...aimes" pour l'être proche, aimé, ... ou peut-être rêvé...? c'est pas mal... !

    Du coup je suis allé lire le début d'une soutenance de thèse sur cette poétesse...file:///C:/Users/Pierre/Downloads/2009PA030122.pdf

    je ne la lirai pas en entier (mon pauvre cerveau n'y résisterait pas...)  mais j'aime ces découvertes. 

    Amicalement

    Pierre

    2
    Dimanche 26 Juillet à 14:26

    Belle découverte aussi pour moi, ce poème est très beau.

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :