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    Je suis entré à la place du fauve dans la cage,
    ai gravé mon terme et mon surnom au clou sur le bat-flanc,
    vécu au bord de l'eau, joué à la roulette,
    dîné avec le diable seul sait qui, en habit.
    Du sommet d'un glacier j'ai contemplé le monde,
    par trois fois j'ai coulé, deux fois on m'a ouvert.
    Le pays qui m'avait nourri, je l'ai lâché.
    Ceux qui m'ont oublié formeraient une ville.
    J'ai parcouru la steppe pleine encore de la clameur du Hun,
    porté ce qui est de nouveau à la mode,
    semé le seigle, couvert de tôle noire l'aire à battre,
    ne me suis abstenu que d'eau sèche.
    Mes rêves font sa place à l'œil noir d'acier des gardiens,
    j'ai dévoré le pain d'exil avec la croûte,
    permis tous les sons à ma gorge, sauf le hurlement,
    en suis venu au murmure. Maintenant j'ai quarante ans.
    Qu'ai je à dire de la vie? Qu'elle fut longue.
    Du malheur seul je me sens solidaire.
    Mais tant qu'on ne m'a pas de terre comblé la bouche,
    il n'en sortira que de la gratitude.
     
    Vertumne et autres poèmes par Joseph Brodsky
    Traduit par Véronique Schiltz, p.107

     

     

    Joseph Brodsky

     

     


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  •  A window painter

                                                                     Image - Robert Strong Woodward

     

    Je vais allumer
    Les lumières,
    Me laver le visage
    À l´eau froide,
    Oublier hier, y penser
    Juste une dernière fois,
    Ouvrir la fenêtre
    Pour que tu puisses
    Entendre ma voix.

     

     

     


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  • Nouveautés BD

     

    Vient de paraître chez La Boîte à Bulles
    "Trop vieux pour toi"
    Une BD écrite par Xavier Bétaucourt
    Et dessinée par Yannick Marchat
    Dont c´est le deuxième album.
    Il s´agit d´un récit autobiographique de Xavier
    Qui va de nouveau être père.
    A se procurer de toute urgence !

     

     

     


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  •  Des brins de vie : Edith

     

    Dans ma jeunesse, je travaillais comme gabier sur le voilier américain "Flying Cloud".
    Le 4 juin 1870, lorsque nous nous préparions à quitter Londres pour Hervey´s Bay, Australie, un homme à jambe de bois est monté à bord...


     
    "Quand nous levâmes les voiles,
    le vent était bon et les matelots
    chantaient des couplets en breton !"



    Tous les soirs après le repas, le passager s´asseyait sur le deck pour nous jouer un air ou deux de sa flûte irlandaise. J´ai toujours aimé la mer !

    Près du Cap de Bonne-Espérance, dans la nuit, l´orage éclata. "Veux-tu véiller avec moi ?" me dit l´homme à la jambe de bois. J´ai acquiescé à sa demande et il s´est endormi à l´aube. Cependant, il ne s´est plus jamais réveillé.

    Dans la poche de sa veste, j´ai trouvé une lettre qui m´était adressée. Je n´oublierai jamais la toute dernière phrase: "Que Dieu te bénisse, ton père, c´est moi."



    Des brins de vie : Henry

     

     


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