• En route vers Noël, on s´arrête en Alabama Portrait of Langston Hughes (1927) by F. Winold Reiss

     

    LEVER DU JOUR EN ALABAMA

     

    Quand je serai devenu compositeur
    J’écrirai pour moi de la musique sur
    Le lever du jour en Alabama.
    J’y mettrai les airs les plus jolis
    Ceux qui montent du sol comme la brume des marécages
    Et qui tombent du ciel comme des rosées douces.
    J’y mettrai des arbres très hauts très hauts,
    Et le parfum des aiguilles de pins
    Et l’odeur de l’argile rouge après la pluie
    Et les longs cous rouges
    Et les visages couleur de coquelicot
    Et les gros bras bien bruns
    Et les yeux pâquerettes
    Des noirs et des blancs des noirs des blancs et des noirs,
    Et j’y mettrai des mains blanches
    Et des mains noires des mains brunes et des mains jaunes
    Et des mains d’argile rouge
    Qui toucheront tout le monde avec des doigts amis,
    Qui se toucheront entre elles ainsi que des rosées
    Dans cette aube harmonieuse,
    Quand je serai devenu compositeur
    Et que j’écrirai sur le lever du jour
    En Alabama.

     

      LANGSTON HUGHES  

     

     

     

    En route vers Noël

     Huntsville, AL

     


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  •  

    En déambulant dans les rues d`Helsinki, Nina Tapio interprète

    Hosanna

     

    En route vers Noël

     

     


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  • ...to fly away on a paper plane...

     

    It´s time...

     

     

     


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  • Me at the Museum, You in the Winter Gardens

     

    Personne ne se sent vieux au Musée,
    Personne n´a froid dans le Jardin d´Hiver...

     

    Tiny Ruins 

     

    Me at the Museum, You in the Winter Gardens

     


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  • Si tu aimes...

     

    Si tu aimes la lune froide,
    Les objets,
    Les couvertures de livres,
    Les portes de voitures,
    Et l´apparence des gens,
    Je ne viendrai pas avec toi
    Au bord de la mer,
    Et je ne dessinerai pas
    Ton image sur le sable.

    Si tu aimes les fenêtres,
    Les coupes argentées,
    Et les manteaux de zibeline,
    Je te sourierai
    De l´autre côté de la rue,
    Mais je n´irai pas
    À un restaurant chic avec toi
    Pour manger de la poitrine d´oie.

    Si tu aimes la voile,
    Les grands voyages
    Et les îles Canaries,
    Tu partiras et moi,
    Je resterai ici, et me souviendrai
    De ce matin quand
    Le vent dans mes cheveux
    A emporté ton image.

    Si tu aimes
    Les billets de banque,
    Je t´aiderai à t´en débarrasser,
    Et je te donnerai tout,
    Tout ce que tu voudras,
    Sauf mon coeur.

    Si tu aimes trop les livres,
    Que deviendrai-je
    Quand tu me connaîtras par coeur,
    Et mes histoires ne t´intéresseront plus ?

    Si tu aimes les petites filles,
    Les petites filles et les petits garçons,
    Les chiens, les mamies,
    Les vieilles filles,
    La salade et le céléri,
    Le rôti de mouton,
    Les matins de printemps,
    Les hommes solitaires des stations hors service,
    Je viendrai avec toi
    Au bord de la mer.

    Et je dessinerai, je dessinerai
    Ton image sur le sable.
    Et je dessinerai, je dessinerai
    Ton image sur le sable.

    Matti Rossi
    traduit par moi

     


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