• Envie de voyages...

     

    Le relais

    En voyage, on s’arrête, on descend de voiture ;
    Puis entre deux maisons on passe à l’aventure,
    Des chevaux, de la route et des fouets étourdi,
    L’oeil fatigué de voir et le corps engourdi.

    Et voici tout à coup, silencieuse et verte,
    Une vallée humide et de lilas couverte,
    Un ruisseau qui murmure entre les peupliers, –
    Et la route et le bruit sont bien vite oubliés !

    On se couche dans l’herbe et l’on s’écoute vivre,
    De l’odeur du foin vert à loisir on s’enivre,
    Et sans penser à rien on regarde les cieux…
    Hélas ! une voix crie : "En voiture, messieurs ! "

    Gérard de Nerval

     

     


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  • Fourrure de couleur cuivre,  bruni par le soleil...
    Les chevaux, les hommes
    et la meute de chiens
    se fondent en un seul
    quand le renard
    court jusqu´à la rivière,
    inaperçu, et se cache
    pour les laisser passer.

    Bach - Prelude in C minor

     


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  • APO 96225

     

    Autrefois, un jeune homme s´en est allé en guerre
    dans un pays lointain, et quand il avait le temps, il écrivait à ses parents,
    "Chère maman, il pleut vraiment beaucoup par ici."
     
    Mais sa mère - en lisant entre les lignes comme le font toujours les mères - lui répondait :
    "Nous sommes très inquiets. Raconte-nous comment ça se passe en vérité."

    Et le jeune homme répondait :
    " Waouh, vous devriez voir les drôles de singes."

    Auquel sa mère répondait :
    "Ne te retiens pas, comment c´est ?"

    Et le jeune homme écrivait :
    "Les couchers de soleil sont spectaculaires par ici."

    Dans sa lettre suivante, la mère le suppliait :
    " Fiston, nous voulons que tu nous dises tout. Tout !"

    Alors, la fois suivante le jeune homme écrivait :
    "Aujourd´hui, j´ai tué un homme. Hier j´ai aidé à larguer du napalm sur les enfants et sur les femmes."

    Et son père lui répondait tout de suite :
    " S´il te plaît, n´écris pas des lettres aussi déprimantes. Ta mère en est bouleversée."

    Alors, après quelque temps, le jeune homme écrivait:
    "Chère maman, il pleut vraiment beaucoup par ici."

    Larry Rottman traduction © Elfine-2020

     

    Sam Smith - Daniel

     


    APO 96225 était l´adresse postale de la 25e division d'infanterie américaine au Vietnam.

     


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  •  

    Levons les voiles
    Et naviguons en haute mer
    À travers les plus belles îles
    Ou sur des ruisseaux protégés.

    Naviguons dans les rayons de soleil
    Ou vers une tempête, en plein ciel
    Au dessus des étoiles, naviguons
    Le long du Canal de Caen à Ouistreham.

    Naviguons dans la mer des mots,
    Dans l´éphémère et ce qui demeure,
    Le fugace et le permanent,
    Naviguons dans le temps.

    Qu'importe la destination
    Limportant c'est le voyage !

     

     

    Michael Schulte - Sailing

     

     


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  • Aux arbres !

    J'ai toujours aimé me promener dans la forêt sans doute parce que j'y trouve un lieu de silence et de méditation qui me sont nécessaires.

    Mais après la lecture de "La vie secrète des arbres" de Peter Wohlleben, je ne vois plus les arbres de la même manière ! Il paraît, entre autres choses, que les arbres sont des êtres sociables qui aiment la compagnie des autres et ce tout en conservant chacun leur propre caractère.

    Un livre fascinant !

     

                                 Aux arbres !
     

    Aux arbres !

    Aux arbres ( fragment )
    de Victor Hugo

    Arbres de la forêt, vous connaissez mon âme !
    Au gré des envieux, la foule loue et blâme ;
    Vous me connaissez, vous ! – vous m’avez vu souvent,
    Seul dans vos profondeurs, regardant et rêvant.
    Vous le savez, la pierre où court un scarabée,
    Une humble goutte d’eau de fleur en fleur tombée,
    Un nuage, un oiseau, m’occupent tout un jour.
    La contemplation m’emplit le coeur d’amour.
    Vous m’avez vu cent fois, dans la vallée obscure,
    Avec ces mots que dit l’esprit à la nature,
    Questionner tout bas vos rameaux palpitants,
    Et du même regard poursuivre en même temps,
    Pensif, le front baissé, l’oeil dans l’herbe profonde,
    L’étude d’un atome et l’étude du monde...

     

                       René Aubry - Looking for stick man     

     


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