Publié le 29 Mai 2024

 

René and Georgette Magritte with their dog after the war

photo Lothar Walleh

En visite chez Joan Baez, Paul Simon feuilletait un livre d'art. La légende sous une photo disait "René et Georgette Magritte avec leur chien après la guèrre". Il s'est dit que cela ferait un excellent titre de chanson.

Puisque Magritte était un peintre surréaliste, Simon a décidé d’écrire une chanson surréaliste.
Les groupes de musique qui sont mentionnés dans les paroles sont des groupes américains de doo-wop que Paul Simon aimait personnellement à cette époque.  

 

 

René et Georgette Magritte

Avec leur chien après la guèrre

Se sont retournés dans leur suite d'hôtel

Et ils ont déverrouillé la porte

Se déshabillant de manière décontractée

De leurs habits de soirée

Au clair de lune, ils dansaient

 

Sur Les Penguins, sur Les Moonglows

Sur Les Orioles et sur Les Five Satins

Sur la musique profonde et interdite

Qu'ils avaient attendue avec impatience

René et Georgette Magritte

Avec leur chien après la guèrre

 

René et Georgette Magritte

Avec leur chien après la guèrre

Se promenaient dans Christopher Street

Et ils se sont arrêtés à un magasin pour hommes

Avec tous les mannequins habillés dans le style

Qui a fait couler les larmes de leurs yeux d'immigrés

 

Tout comme Les Penguins, Les Moonglows

Les Orioles, Les Five Satins

Les rires coulent à flots dans l'air

René et Georgette Magritte

Avec leur chien après la guèrre

 

Côte à côte, ils se sont endormis

Les décennies défilent comme les Indiens,

le temps n’est pas cher

Quand ils vont se réveiller, ils découvriront

Que toutes leurs affaires personnelles

Se sont entremêlées

 

René et Georgette Magritte

Avec leur chien après la guèrre

Dînaient avec l'élite du pouvoir

Et ils ont jeté un coup d'œil dans le tiroir de leur chambre

Et que pensez-vous qu'ils ont caché 

Dans l’armoire froide de leur cœur ?

 

Les Penguins, Les Moonglows 

Les Orioles et Les Five Satins

Pour aujourd'hui et pour toujours comme avant

René et Georgette Magritte

Avec leur chien après la guèrre

 

traduction©Elfine

 

 

 

 

 

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Rédigé par Elfine

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Publié le 14 Mai 2024

 

 


L
e lendemain de l'élection présidentielle de 2016, l'auteur-compositeur-interprète Gabriel Kahane est monté à bord d'un train à Penn Station, New York, et a parcouru 8980 miles ( 14452 km ) autour de la partie continentale des États-Unis, sans téléphone ni accès à Internet, parlant à des dizaines d'inconnus pour tenter de mieux comprendre son pays et ses concitoyens. De ce voyage est né l’album ”Book of Travelers”, sorti en 2018.

Le morceau "Baltimore" se base sur la conversation de plusieurs heures que Gabriel a eue avec un jeune homme noir de Baltimore. Au cours de cette conversation, le jeune homme qui était parti dans l'Ouest pour travailler comme chef d'équipe dans un parc national, a parlé de sa vie et de la raison pour laquelle il avait besoin de rentrer à la maison.

 

 

 

 

 BALTIMORE by GABRIEL KAHANE

traduction ©Elfine

J'ai reçu la nouvelle sur le téléphone satellite ;

Jason, rentre à la maison, Jason, chéri,

Je l'ai entendue sur le sol de la forêt,

Six ans de sentiers de l'arrière-pays jusqu'au lac,

Machette et serpent, machette que j'ai apprise

À agiter dans le Parc d'État d'Ols.

 

Roosevelt, en 1933, il avait un plan

Pour chaque jeune homme :

Donnez-lui une hache et une graine;

Donnez-lui une meute et un arbre;

Apprenez-lui à prendre soin de lui;

Donner-lui de l'air frais pour sa santé;

Envoyer de l'argent à la famille.

 

Retour à Baltimore,

 

L’épicerie du quartier,

L'indifférence, la guerre sans fin.

Et je sais ce que c'est,

Et je sais ce que c'est,

Et je n'en ai plus besoin,

Mais je dois rentrer à la maison.

 

Luke était le fils d'une famille aisée.

Ma famille était fauchée, mais nous sommes devenus amis,

Le parking, le champ endommagé.

J'ai commencé dans le parc juste au moment où il a été emprisonné,

Une peine de huit à dix ans pour avoir vendu à des gamins;

Ma maman travaillait à la prison du comté.

"Roosevelt's Tree Army", sous le soleil,

Le travail serait fait pendant que l'avidité des riches

Faisait saigner l'Amérique,

Les garçons plantaient des arbres, trouvant Dieu dans le terrain qu’ils dévisageaient

Une motte de gazon dans chaque main.

 

Pourquoi est-ce que je vous raconte ça ?

Est-ce parce que je suis nerveux à l'idée d'y retourner ?

 

Retour à Baltimore,

L'épicerie du quartier,

L'indifférence, la guerre sans fin.

Et je sais ce que c'est,

Et je sais ce que c'est,

Et je n'en ai plus besoin,

Mais je dois rentrer à la maison.

 

Luke s'est battu, je crois,

On l'a emmené à l'infirmerie plus tard dans la nuit,

Rien de bien grave, mais il est mort le lendemain matin,

Et puis, le téléphone satellite avec l'équipe

Ce qui veut dire que je n'ai pas pleuré.

 

Je prends le train pour prendre le temps de réfléchir,

Enceint de la perte, je me prépare à tout

Ce qu'on peut ressentir.

Je vais présenter mes respects, et puis j’irai faire un tour

Autour du quartier, et ensuite, je partirai.

 

 

 

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Rédigé par Elfine

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Publié le 10 Mai 2024

 

 


La vie n'est qu'un fil tendu

Entre naître et n'être plus.

–Michel Fugain - Le Funambule–

 

 

 

Sur le fil

 

 

 

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Rédigé par Elfine

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Publié le 5 Mai 2024

 

Printemps

                                         image PixaBay 

Tout est lumière, tout est joie.
L'araignée au pied diligent
Attache aux tulipes de soie
Les rondes dentelles d'argent.

La frissonnante libellule
Mire les globes de ses yeux
Dans l'étang splendide où pullule
Tout un monde mystérieux.

La rose semble, rajeunie,
S'accoupler au bouton vermeil
L'oiseau chante plein d'harmonie
Dans les rameaux pleins de soleil.

Sous les bois, où tout bruit s'émousse,
Le faon craintif joue en rêvant :
Dans les verts écrins de la mousse,
Luit le scarabée, or vivant.

La lune au jour est tiède et pâle
Comme un joyeux convalescent;
Tendre, elle ouvre ses yeux d'opale
D'où la douceur du ciel descend !

Tout vit et se pose avec grâce,
Le rayon sur le seuil ouvert,
L'ombre qui fuit sur l'eau qui passe,
Le ciel bleu sur le coteau vert !

La plaine brille, heureuse et pure;
Le bois jase ; l'herbe fleurit.
- Homme ! ne crains rien ! la nature
Sait le grand secret, et sourit.

Victor Hugo

 

 

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Rédigé par Elfine

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