Publié le 20 Octobre 2019

Aujourd' hui ma mère et mes soeurs
Sont venues me voir.
Cela fait un moment que j´étais seule
Avec ma poésie, ma fierté... presque rien.
Ma soeur, la plus grande, est adulte,
C´est une petite blonde ; dans son regard passe
Le premier rêve. J´ai dit à la petite :
- La vie est belle. Tout finit mal...
Ma mère a souri comme le font
Ceux qui connaissent bien les âmes ;
Elle a mis ses deux mains sur mes épaules,
M´a regardé très fixement...
Et mes larmes ont surgi.
Nous avons mangé ensemble dans la pièce
La plus chaude de la maison.
Le ciel était printanier... pour le regarder
Toutes les fenêtres furent ouvertes.
Et pendant que nous discutions tranquillement
De tant de choses anciennes et oubliées,
Ma soeur, la plus petite, nous a interrompues :
- Les hirondelles passent...
Alfonsina Storni
Avec l´aimable autorisation de Cap de L´Étang Éditionshttps://capdeletang.com
Le poème est extrait de Langueur , un recueil de poésie d’Alfonsina Storni ( 1882-1938 ) traduit de l´espagnol par Monique-Marie IHRY, paru au mois d´août dernier aux Éditions Cap de L´Étang. Ce recueil est un must pour les ami(e)s de cette poétesse argentine sensible et attachante.

Lire aussi mon article publié le 2 Juillet 2013.
/image%2F0650479%2F20241205%2Fob_fd2c95_img-0905.jpeg)