Quand j´étais petite, l´un de mes passe-temps favoris était de regarder de vieilles photos en noir et blanc. Confortablement assise sur le canapé du salon, j´aimais examiner les visages heureux et souriants, parfois graves et pensifs des membres de ma famille.
Aujourd´hui, les tirages photos sur papier se font rares, mais une photo ne remplacera jamais le vécu. Quoi qu´il en soit, je voudrais que l´on se souvienne de moi comme d'une personne qui a osé vivre pleinement ! Exactement comme ma grand-tante en robe d´été blanche sur la vieille photo que je viens de retrouver...
En voyage, on s’arrête, on descend de voiture ; Puis entre deux maisons on passe à l’aventure, Des chevaux, de la route et des fouets étourdi, L’oeil fatigué de voir et le corps engourdi.
Et voici tout à coup, silencieuse et verte, Une vallée humide et de lilas couverte, Un ruisseau qui murmure entre les peupliers, – Et la route et le bruit sont bien vite oubliés !
On se couche dans l’herbe et l’on s’écoute vivre, De l’odeur du foin vert à loisir on s’enivre, Et sans penser à rien on regarde les cieux… Hélas ! une voix crie : "En voiture, messieurs ! "
Les chevaux, les hommes et la meute de chiens se fondent en un seul quand le renard court jusqu´à la rivière, inaperçu, et se cache pour les laisser passer.
Autrefois, un jeune homme s´en est allé en guerre
dans un pays lointain, et quand il avait le temps, il écrivait à ses parents.
"Chère maman, il pleut vraiment beaucoup par ici."
Mais sa mère - en lisant entre les lignes comme le font toujours les mères - lui répondit :
"Nous sommes très inquiets. Raconte-nous comment ça se passe en vérité."
Et le jeune homme écrivit :
" Waouh, vous devriez voir les drôles de singes."
Auquel sa mère répondit :
"Ne te retiens pas, comment c’est ?"
Et le jeune homme écrivit :
"Les couchers de soleil sont spectaculaires par ici."
Dans sa lettre suivante, la mère supplia :
" Fiston, nous voulons que tu nous dises tout. Tout !"
Alors, la fois suivante, le jeune homme écrivit :
"Aujourd´hui, j’ai tué un homme. Hier, j’ai aidé à larguer du napalm sur les enfants et sur les femmes."
Et son père lui répondit tout de suite :
" S’il te plaît, n´écris pas de lettres aussi déprimantes. Ta mère en est bouleversée."
Alors, après quelque temps, le jeune homme écrivit :
"Chère maman, il pleut vraiment beaucoup par ici."
J'ai toujours aimé me promener dans la forêt sans doute parce que j'y trouve un lieu de silence et de méditation qui me sont nécessaires.
Mais après la lecture de "La vie secrète des arbres" de Peter Wohlleben, je ne vois plus les arbres de la même manière ! Il paraît, entre autres choses, que les arbres sont des êtres sociables qui aiment la compagnie des autres et ce tout en conservant chacun leur propre caractère.
Un livre fascinant !
Aux arbres ( fragment ) de Victor Hugo
Arbres de la forêt, vous connaissez mon âme !
Au gré des envieux, la foule loue et blâme ;
Vous me connaissez, vous ! – vous m’avez vu souvent,
Seul dans vos profondeurs, regardant et rêvant.
Vous le savez, la pierre où court un scarabée,
Une humble goutte d’eau de fleur en fleur tombée,
Un nuage, un oiseau, m’occupent tout un jour.
La contemplation m’emplit le coeur d’amour.
Vous m’avez vu cent fois, dans la vallée obscure,
Avec ces mots que dit l’esprit à la nature,
Questionner tout bas vos rameaux palpitants,
Et du même regard poursuivre en même temps,
Pensif, le front baissé, l’oeil dans l’herbe profonde,
L’étude d’un atome et l’étude du monde...
Dans le jardin de ma grand-mère, Il y avait un beau citronnier. Quand il a fallu qu´elle déménage, Elle a eu beaucoup de peine à le quitter : "Le parfum des fleurs de citronnier Me rappelle mon enfance en Salerne... Mais je sais bien qu´un citronnier ne pourrait pas Vivre dans un petit appartement. Je garderai toujours le parfum des souvenirs..."
Vendredi soir, j´ai regardé sur YouTube la retransmission du concert en hommage au compositeur britannique Andrew Lloyd Webber enregistré en 1998 à Royal Albert Hall à Londres.
J´ai eu la chance de voir en live, à Londres et ailleurs, quelques-unes de ces comédies musicales dont on entendait des extraits lors du concert. "Cats" est sans doute ma préférée. Peut-être parce que j´adore les chats ? Oui, ça c´est certain, quoqui´il n´y en ait pas un seul pour l´instant chez moi pour me tenir compagnie. Mais peu importe ! Je peux toujours me plonger dans l´univers magique de "Old Possum's Book of Practical Cats" de T. S. Eliot sur lequel la comédie musicale "Cats" est basée. Tiens, en voici un extrait, le poème que je préfère, adapté de l'anglais par Jacques Charpentreau :
C'est un art délicat que d'appeler son Chat : Le baptiser n'est pas un simple passe-temps Je ne travaille pas du chapeau, croyez moi, Si je vous dis qu'un chat a TROIS NOMS DIFFERENTS. Un chat a, tout d'abord, son nom de tous les jours, Comme Pierre ou Jean Paul, Aglaë, Pompadour Comme Sylvain ou Luc, Chat-Fourré, Cyprien, Noms raisonnables pour le train-train quotidien. Fantaisistes, charmants, d'autres noms sont plus doux, Les uns sont pour les chats, les autres pour les chattes Comme Platon, Electre, Andromaque ou Carpates, Tous sont des noms sérieux pour chats bien de chez nous. Mais un chat a besoin, il faut que ça se sache, D'un vrai nom personnel, plus majestueux. Sans ce nom, il ne peut pas redresser sa queue, Affirmer sa fierté, hérisser ses moustaches. Des noms de cette sorte, en veux-tu, en voilà Comme Méta-Méthyl, Ouitchi, Kalikola, Comme Psychologie, Presbytère-Pacha... Si propres sont ces noms qu'ils sont à un seul chat. Mais par-dessus tout ça, il reste encore un nom. C'est le nom que jamais nul ne peut deviner. C'est le nom dont jamais nul ne saura le nom. LE CHAT, QUI LE CONNAÎT, ne veut le révéler. Quand vous voyez un chat, silencieux, méditer, La cause, sachez-le, est sa quête insondable : Il a l'esprit perdu dans la contemplation De la pensée de la pensée de la pensée de son nom, Son nom ineffable, affablement ineffable, Indicible, profond - et singulier - , à son Nom.
Mais revenons au concert ! Au beau milieu de la soirée, le groupe "Boyzone" est entré en scène pour chanter "No Matter What", un morceau que je n'avais pas entendu depuis des années. J ’ignorais d´ailleurs que Andrew Lloyd Webber l´avait composé. Mais peu importe ! Redécouvrir ce morceau que j´avais autrefois trouvé un brin trop sucré, fut pour moi ce vendredi soir un pure moment de bonheur...
Vive la musique ! Et longue vie à tous les chats ! Meow !